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Extraction de Nickel dans le Cap Corse : Nazione s’oppose à un projet qu’il « ne laissera pas aboutir »


VL le Vendredi 28 Mars 2025 à 14:28

Ce vendredi 28 mars, une vingtaine de militants du parti indépendantiste Nazione se sont rassemblés devant la DREAL de Haute-Corse à Bastia. En ligne de mire : le projet d’extraction de nickel porté par la société Aurania sur les plages d’Albu et de Nonza. Le mouvement réclame l’arrêt immédiat des études préparatoires et accuse l’État de mépris envers la volonté populaire.



Crédit photo Nazione
Crédit photo Nazione
Opposé au projet d’extraction de nickel sur les plages d’Albu et de Nonza, Nazione s’est rassemblé ce vendredi 28 mars devant la DREAL de Haute-Corse, à Bastia. Dans un communiqué lu sur place par Petru-Antone Tomasi, porte-parole du mouvement, le parti indépendantiste renouvelle son opposition ferme au projet d’extraction de nickel envisagé dans le Cap Corse.

Déjà dénoncé lors d’une conférence de presse à Nonza le 11 janvier, ce projet est, selon Nazione, « purement spéculatif » et guidé par « des intérêts extérieurs à la Corse, en contradiction avec toute démarche de développement durable ». Le mouvement affirme qu’il s’agit là d’une « énième tentative de pillage commanditée par des intérêts étrangers, à la fois privés et, il faut bien le dire, d’essence coloniale ».

Un front de plus en plus large contre le projet
La dénonciation du projet par Nazione s’inscrit dans un mouvement plus large. Ces dernières semaines, la mobilisation s’est amplifiée autour du collectif « Ni Albu ni Nonza », dont la pétition a recueilli près de 24 000 signatures. Plusieurs voix institutionnelles se sont également élevées : les maires de Nonza et d’Ogliastru, ainsi que le président de l’Office de l’environnement de la Corse, ont fait part de leur opposition au projet et aux forages prévus dans le Cap. Pourtant, malgré cette contestation croissante, Nazione estime que l’État reste trop ambiguë. Dans un communiqué du 13 mars, le préfet indique que « la société Aurania Resources Ltd a porté à la connaissance de l’État son intérêt pour développer un projet d’extraction de minéraux », et précise qu’il « revient désormais à l’entreprise de conduire l’ensemble des études nécessaires pour permettre à l’État d’apprécier la faisabilité de son projet ».

Une formulation jugée inacceptable par Nazione. « C’est précisément à ces démarches préparatoires qu’il convient urgemment de mettre un terme », insiste Petru-Antone Tomasi. Pour le mouvement, même les études exploratoires constituent déjà une atteinte à l’environnement et doivent être arrêtées.

Une critique directe de l’État
Selon le parti, la Mission régionale de l’autorité environnementale (MRAe), en lien avec la DREAL, dispose du pouvoir d’arrêter la procédure. « Ces services ont donc d’ores et déjà la possibilité d’interdire la réalisation d’une campagne de forages et d’études sur site », souligne le communiqué, qui s’inquiète par ailleurs d’éventuels « contacts entre la société Aurania et l’État français » pouvant permettre de faire progresser le projet « au mépris des aspirations de la société corse »Pour Nazione, « le seul signe d’apaisement qu’il convient d’exiger face à cette nouvelle agression est donc l’arrêt de toute étude visant à promouvoir l’extraction de nickel dans le Cap Corse ». Le mouvement prévient : « Toute autre option nous ferait entrer dans une dynamique conflictuelle dont la responsabilité serait l’apanage exclusif de l’État français. »

L’appel à la mobilisation
Le communiqué se conclut par un appel clair : « Nazione appelle à l’arrêt immédiat de toutes les manœuvres dilatoires actuelles, et au rejet pur et simple de ce projet, que, quoiqu’il en soit, nous ne laisserons pas arriver à son terme. » Le parti rappelle que « des mobilisations historiques contre les projets d’essais nucléaires à l’Argentella ou contre les boues rouges de la Montedison » ont marqué l’histoire des luttes environnementales en Corse, et entend bien s’inscrire dans cette continuité. « Une fois de plus, le peuple corse devra compter sur ses capacités de mobilisation et de résistance pour contrecarrer ces logiques prédatrices », affirme encore Petru-Antone Tomasi.