
La fermeture de la station de sauvetage SNSM de Calvi s’est invitée dans les débats de l’Assemblée de Corse ce jeudi 27 mars. Vanina Le Bomin, élue du groupe Avanzemu, a alerté l’Exécutif sur l’urgence de la situation. « Nous avons entendu l'appel au secours, lancé au cours de ce premier trimestre 2025, des bénévoles de la SNSM Calvi-Balagne », a-t-elle déclaré. Privés de bateau opérationnel, les bénévoles sont dans l’impossibilité d’intervenir en mer. Le navire de la station, âgé de 38 ans, a connu de nombreuses avaries, dont un incendie. « Il ne permet plus aux bénévoles de sortir en mer en sécurité », a insisté Vanina Le Bomin. Un remplacement avait été envisagé en début d’année, mais l’embarcation prévue a été réaffectée à une autre station du continent. « L’acquisition d’un nouveau navire est un projet dans les tuyaux qui peine à se concrétiser, faute de financement, notamment du côté de la Collectivité de Corse, sollicitée à hauteur d’environ un million d’euros, soit 40 % de l’opération, alors que l’association couvre le reste de la dépense. »
L’élue a rappellé l’importance vitale du sauvetage en mer sur une île où la plaisance, la pêche et les activités nautiques occupent une place centrale. « Les bénévoles de la SNSM, qui engagent déjà leur temps et prennent des risques pour porter assistance aux usagers de la mer, n'ont pas à pâtir du manque de moyens afin d’assurer leurs missions dont l’utilité publique est incontestable », a-t-elle insisté, tout en affirmant que « la sécurité des personnes doit être une priorité absolue ». Interpellant l’Exécutif, elle a demandé « quel montage d’ingénierie financière proposez-vous à court terme afin que la SNSM Calvi-Balagne puisse réaliser l’opération d’acquisition de ce nouveau navire » et « à long terme pour assurer l’action de l’association sur l’ensemble du territoire ? »
La Collectivité se dit engagée, mais met en cause l’État
En réponse, Anne-Laure Santucci, conseillère exécutive en charge du mécénat, a rappelé l’engagement de la Collectivité de Corse. « Depuis 2018, la Collectivité de Corse a délibéré sur un total d’aides s’élevant à 2 184 934 euros, et elle contribue à l’acquisition et à la rénovation de onze navires pour les stations de Corse », a-t-elle souligné, en saluant le travail des bénévoles. Elle a cependant rappelé que le sauvetage en mer relève d’abord des compétences de l’État. « C’est en dehors du cadre de ces compétences régaliennes que la Collectivité de Corse a fait le choix politique et assumé d’accompagner la SNSM », a-t-elle ajouté.
Le remplacement du bateau de Calvi est considéré comme une priorité. « Près de 140 kilomètres de côtes dépendent de cette station, qui connaît une très forte fréquentation », a précisé Anne-Laure Santucci, annonçant l’élaboration d’un modèle de convention pluriannuelle pour mieux structurer l’aide régionale.
Prenant la parole à son tour, le président du Conseil exécutif Gilles Simeoni a pointé le désengagement de l’État. « Lorsque l’État se désengage, et qu’il demande à une collectivité de financer très largement une association de missions d’utilité publique, c’est une inversion de ce qu’il faut faire », a-t-il affirmé. « L’État n’exerce pas ses compétences, la SNSM est obligée de tout faire, et on demande à la Collectivité de Corse de s’engager toujours plus, y compris comme financeur de projets auxquels nous n’avons pas participé. On ne peut pas continuer comme ça." » Pour le président de l’Exécutif, « il est nécessaire de rappeler à l’État d’exercer ses prérogatives et de ne pas s’en décharger ni sur les structures associatives ni sur les collectivités. »