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Fermeture de la station SNSM de Calvi : l’Assemblée de Corse s’empare du dossier


Léana Serve le Samedi 29 Mars 2025 à 11:53

À l’Assemblée de Corse, ce jeudi 27 mars, la conseillère territoriale Vanina Le Bomin a interpellé l’Exécutif sur la fermeture de la station SNSM de Calvi, contrainte de suspendre ses opérations faute de navire adapté. La Collectivité réaffirme son soutien, tout en appelant l’État à assumer ses responsabilités



Crédit : SNSM Calvi-Balagne
Crédit : SNSM Calvi-Balagne

La fermeture de la station de sauvetage SNSM de Calvi s’est invitée dans les débats de l’Assemblée de Corse ce jeudi 27 mars. Vanina Le Bomin, élue du groupe Avanzemu, a alerté l’Exécutif sur l’urgence de la situation. « Nous avons entendu l'appel au secours, lancé au cours de ce premier trimestre 2025, des bénévoles de la SNSM Calvi-Balagne », a-t-elle déclaré. Privés de bateau opérationnel, les bénévoles sont dans l’impossibilité d’intervenir en mer. Le navire de la station, âgé de 38 ans, a connu de nombreuses avaries, dont un incendie. « Il ne permet plus aux bénévoles de sortir en mer en sécurité », a insisté Vanina Le Bomin. Un remplacement avait été envisagé en début d’année, mais l’embarcation prévue a été réaffectée à une autre station du continent. « L’acquisition d’un nouveau navire est un projet dans les tuyaux qui peine à se concrétiser, faute de financement, notamment du côté de la Collectivité de Corse, sollicitée à hauteur d’environ un million d’euros, soit 40 % de l’opération, alors que l’association couvre le reste de la dépense. »

L’élue a rappellé l’importance vitale du sauvetage en mer sur une île où la plaisance, la pêche et les activités nautiques occupent une place centrale. « Les bénévoles de la SNSM, qui engagent déjà leur temps et prennent des risques pour porter assistance aux usagers de la mer, n'ont pas à pâtir du manque de moyens afin d’assurer leurs missions dont l’utilité publique est incontestable », a-t-elle insisté, tout en affirmant que « la sécurité des personnes doit être une priorité absolue ». Interpellant l’Exécutif, elle a demandé « quel montage d’ingénierie financière proposez-vous à court terme afin que la SNSM Calvi-Balagne puisse réaliser l’opération d’acquisition de ce nouveau navire » et « à long terme pour assurer l’action de l’association sur l’ensemble du territoire ? »

La Collectivité se dit engagée, mais met en cause l’État
En réponse, Anne-Laure Santucci, conseillère exécutive en charge du mécénat, a rappelé l’engagement de la Collectivité de Corse. « Depuis 2018, la Collectivité de Corse a délibéré sur un total d’aides s’élevant à 2 184 934 euros, et elle contribue à l’acquisition et à la rénovation de onze navires pour les stations de Corse », a-t-elle souligné, en saluant le travail des bénévoles. Elle a cependant rappelé que le sauvetage en mer relève d’abord des compétences de l’État. « C’est en dehors du cadre de ces compétences régaliennes que la Collectivité de Corse a fait le choix politique et assumé d’accompagner la SNSM », a-t-elle ajouté.
Le remplacement du bateau de Calvi est considéré comme une priorité. « Près de 140 kilomètres de côtes dépendent de cette station, qui connaît une très forte fréquentation », a précisé Anne-Laure Santucci, annonçant l’élaboration d’un modèle de convention pluriannuelle pour mieux structurer l’aide régionale.

Prenant la parole à son tour, le président du Conseil exécutif Gilles Simeoni a pointé le désengagement de l’État. « Lorsque l’État se désengage, et qu’il demande à une collectivité de financer très largement une association de missions d’utilité publique, c’est une inversion de ce qu’il faut faire », a-t-il affirmé. « L’État n’exerce pas ses compétences, la SNSM est obligée de tout faire, et on demande à la Collectivité de Corse de s’engager toujours plus, y compris comme financeur de projets auxquels nous n’avons pas participé. On ne peut pas continuer comme ça." » Pour le président de l’Exécutif, « il est nécessaire de rappeler à l’État d’exercer ses prérogatives et de ne pas s’en décharger ni sur les structures associatives ni sur les collectivités. »