
Après l’annonce de « négociations exclusives » entre le distributeur Auchan et le groupe Rocca pour reprendre l’exploitation des quinze magasins de l’enseigne en Corse, dont Rocca s’était porté acquéreur auprès du groupe Casino il y a six mois, les syndicats ont admis ne pas être au courant des discussions.
“On a appris l’information dans la presse”, explique Richard Louzao du STC. “On a pris connaissance de ces négociations exclusives, mais on sait tous que la vente va se faire. Il ne reste plus qu’à savoir quand.”
Du côté de la CGT, Patricia Grimigni, salariée d’un magasin Auchan à Ajaccio, indique qu’elle avait “eu vent que des négociations allaient avoir lieu”. En cause : un conflit entre Auchan et Rocca sur le paiement des marchandises, une information qu’a dévoilée le média spécialisé La Lettre. “On savait qu’il y avait un souci, parce qu’apparemment, Rocca ne payait plus les marchandises et la franchise”, confie Patricia Grimigni.
"Spectateurs, mais prêts à discuter si…"
Les syndicats se disent pour le moment “spectateurs” des négociations entre Auchan et Rocca. Mais prêts à discuter avec les deux groupes. “S’ils souhaitent le faire, on posera nos conditions”, déclare Richard Louzao. “On n’a pas de préférence. Nos priorités et nos exigences sont les mêmes, que ce soit Auchan ou Rocca, à savoir la pérennité du groupe et des emplois”, indique, quant à lui, Éric Lunardi, délégué syndical du STC.
Richard Louzao poursuit : “Rocca étant un groupe corse, il comprenait un peu plus nos revendications, mais si Auchan est le propriétaire, ça nous convient aussi. Notre objectif reste toujours le même que celui de l’année dernière lorsque Rocca a racheté la filiale Codim 2, et nous allons être vigilants sur les points de vente et la masse salariale. Ce qui nous importe, c'est que les salariés continuent à travailler dignement, dans de bonnes conditions, et que personne ne soit licencié.”
Patricia Grimigni partage cet avis, mais craint “la fermeture de magasins comme sur le continent”. “Pour l’instant, il est trop tôt pour se faire un avis. Attendons la fin des négociations.”