« Faire de la pédagogie tout en rappelant les fondamentaux de l’Histoire sur les questions de racisme et d’antisémitisme. » Dernière région (avec la Bretagne) à ne pas disposer d’une antenne officielle sur son territoire, la Corse va désormais compter une section de la LICRA (Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme). L’annonce a été faite ce vendredi par les quatre membres fondateurs : Maîtres Bruno Questel, Anna-Maria Sollacaro, Marie-Hélène Fabiani, et le journaliste insulaire Jérôme Paoli, lors d’une conférence de presse à l’Hôtel Napoléon d’Ajaccio.
Originaire de Corse, l’ancien député de l’Eure a tracé la feuille de route de l’association pour les prochains mois : « Nous allons aller à la rencontre des publics concernés par la LICRA, dans les collèges, lycées, universités, et porter cette marque forte dans tous les combats d’idées qui permettent de rappeler à chacun son statut d’être humain, qu’il convient de s’écouter, de se respecter, d’apprendre à se connaître et de ne pas juger la place d’autrui dans la société. C’est un beau projet, une volonté collective, qui a pour objectif de nourrir le débat insulaire et de porter les valeurs de la LICRA. »
« La LICRA est une véritable institution »
Un premier événement est d’ores et déjà prévu dans les prochaines semaines pour marquer le lancement officiel de l’antenne : « Ce sera un espace de réflexion sur ce qui doit être fait par les actes, les actions, les décisions. La Corse a une histoire, des particularités, et s’est souvent singularisée sur les questions de racisme et d’antisémitisme. Elle est parfois aussi victime de ces problématiques. »
Avocate au barreau de Paris depuis 2003, Marie-Hélène Fabiani a tenu à souligner « sa fierté de voir la LICRA arriver en Corse. Cette association est une véritable institution. Elle a été à l’avant-garde de la lutte contre l’antisémitisme et le racisme. Créée en 1929, elle a combattu le nazisme dès 1936. Je rappelle aussi que Vincent de Moro-Giafferri a été avocat de la LICRA en 1938. Elle a participé à la lutte des Noirs aux États-Unis dans les années 50 et a fait venir Martin Luther King en France en 1966. Ce n’est pas rien ! »
Me Anna-Maria Sollacaro, vice-présidente de la section corse, a justifié cette création par le contexte actuel : « Jusqu’ici, la Corse a été relativement préservée d’un certain nombre d’actes antisémites et racistes. Mais il faut poursuivre sur cette voie et préserver notre ADN, celui du refus de la délation et de la déportation. Nous devons continuer à militer en faveur de la préservation de nos valeurs. La Corse doit pouvoir lutter contre la polarisation des opinions. »
À l’initiative de la création de cette antenne, Jérôme Paoli, journaliste, a conclu en appelant à l’engagement : « L’action de l’organisation a vocation à s’élargir. Nous appelons toutes les personnes de bonne volonté à nous rejoindre. »