
Sept brasseurs corses sur le même stand au Salon de l'Agriculture et réunis en fédération… Qui aurait pu le prédire il y a quelques années ? Au village corse, le choix est maintenant large : de la Pietra, évidemment, mais aussi des bières de brasseurs plus artisanaux comme Gloria, Ribella, Palazzu, Filitosa, La Bocca et Boc. Dans une harmonie parfaite, Hugo Sialelli, directeur de Pietra, peut aussi bien vous servir une pinte de son IPA summer que l'IPA à l'abricot de Pierre-François Maestracci, fondateur de la brasserie Ribella. Et si l'entente est si bonne, c'est parce qu'en mai dernier, ils ont décidé de se fédérer, créant ainsi la Fédération des bières corses. "On ne pouvait plus tout faire chacun de son côté si on voulait se développer. Le marché est de plus en plus concurrentiel, alors en se fédérant, on est devenu l'interlocuteur de toute la filière bière", explique Pierre-François Maestracci (brasserie Ribella).
Pour le moment, la fédération compte sept des onze brasseurs de l'île. À eux sept, ils mettent en bouteille 150 000 hectolitres annuels, une production importante dont les deux tiers proviennent de la brasserie Pietra. Si cette dernière, créée en 1996, est une entreprise florissante et bien intégrée au paysage brassicole, rejoindre la Fédération des bières corses était pourtant une évidence. "C'est une super initiative, en plus toutes les bières représentées sont excellentes. La fédération envoie un bon signal aux gens, elle montre vraiment qu'aujourd'hui il y a un savoir-faire en Corse autour de la bière", se réjouit Hugo Sialelli, directeur de Pietra.
De belles perspectives
Intégrer un géant de la bière comme Pietra a aussi d'autres avantages : "Nous partageons avec plaisir notre expérience, des conseils pour les brasseurs qui viennent de débuter", poursuit Hugo Sialelli. Autour de la fédération, les sept brasseurs débordent d'idées et de projets. Le plus important, et pas des moindres : la création d'une malterie à Linguizzetta, sur la commune d'Aléria. "Aujourd'hui, nous sommes tous obligés d'envoyer nos céréales sur le continent pour en faire du malt. La malterie devrait voir le jour d'ici deux à trois ans et nous pourrons faire une production presque 100 % locale", espère Pierre-François Maestracci.
Une production locale qui pourrait mener la bière corse à un label prestigieux et bien connu sur l'île : l'Indication Géographique Protégée (IGP). "Une fois notre malterie ouverte, tout pourrait être réuni pour l'obtenir. Nous avons notre propre eau de source corse, de l'orge corse importé par les Romains il y a plusieurs siècles. Ce serait une première en France !", poursuit le propriétaire de la brasserie Ribella.
En attendant l'IGP et la malterie, la Fédération des bières corses a décidé de mettre en avant sa production lors d'un festival de la bière, qui se déroulera à Ajaccio le 19 avril prochain.
L'info en +
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